Fermetures de restaurants Brioche Dorée : ce que révèle l’évolution du réseau depuis 2018

Illustration d’une carte stylisée représentant l’évolution du réseau Brioche Dorée, avec deux salariés échangeant devant des documents, dans une ambiance professionnelle.
Huit années, 46 fermetures : une mise en perspective indispensable pour comprendre les choix du réseau et leurs impacts humains.

Depuis plusieurs années, le réseau Brioche Dorée évolue au rythme des ouvertures, des transformations… et des fermetures. Ce mouvement n’est pas spectaculaire, il ne fait pas la une, mais il dessine une trajectoire bien réelle. Restaurant après restaurant, saison après saison, le périmètre de l’UES change de forme. Et derrière chaque enseigne qui disparaît, il y a toujours la même réalité : une équipe à réorganiser, des parcours à redessiner, un morceau de l’histoire du réseau qui s’efface.

Ces fermetures ne racontent pas seulement des décisions économiques. Elles révèlent aussi une dynamique humaine, souvent peu visible, mais essentielle pour comprendre la vie du réseau. Elles montrent comment les équipes s’adaptent, comment les organisations absorbent les transitions, comment les salariés vivent ces périodes où un lieu de travail cesse d’exister. Elles disent, en creux, ce que les expertises présentées au CSE ont déjà mis en lumière : un réseau qui se transforme en continu, parfois très vite, parfois plus discrètement, mais qui ne reste jamais figé.

En rassemblant les données factuelles de ces dernières années, de 2018 à 2025, un panorama se dessine. Il ne s’agit pas d’interpréter ou d’expliquer, simplement d’observer ce que les chiffres racontent : quarante-six restaurants ont fermé en huit ans, partout en France, dans des contextes variés et avec des impacts différents selon les équipes et les territoires.

1. Un volume de fermetures qui dessine une tendance

Lorsqu’on regarde année par année les fermetures intervenues depuis 2018, une réalité apparaît : ces situations ne sont pas exceptionnelles ni ponctuelles, elles s’inscrivent dans un mouvement continu. Certaines années ont été marquées par des épisodes plus intenses, comme 2020, lorsque dix restaurants avaient cessé leur activité. D’autres périodes ont été plus calmes, mais jamais totalement immobiles. Depuis huit ans, le réseau avance avec un rythme de fermetures régulières, parfois liées à des choix stratégiques, parfois à des baisses d’activité, parfois à des opportunités de cession ou à des décisions immobilières.

Ce volume global (quarante-six établissements sur l’ensemble de la période) ne doit pas être interprété comme un signal d’alarme, mais comme un indicateur de transformation. Il montre qu’au-delà des ouvertures et des projets de développement, il existe aussi un temps moins visible où des restaurants ferment, se transmettent ou disparaissent du paysage commercial local. Chaque fermeture raconte une situation particulière : un bail arrivé à échéance, un emplacement qui n’est plus adapté, un projet de rénovation impossible à absorber, ou encore une stratégie de recentrage.

Ce qui est frappant, ce n’est pas seulement le nombre. C’est la constance. Année après année, le réseau évolue à un rythme qui, même s’il varie légèrement, reste soutenu. Et ce rythme, lorsqu’on le met en perspective, devient un élément clé pour comprendre comment l’UES Brioche Dorée se réorganise, comment les équipes sont redéployées et comment l’activité se repositionne dans les villes et les centres commerciaux où elle est implantée.

Dans un secteur où l’environnement économique change vite et où les habitudes de consommation évoluent, ces fermetures ne sont pas seulement des pertes : elles sont aussi le reflet d’une adaptation permanente. Mais les comprendre dans leur ensemble, c’est se donner la possibilité de mieux analyser les trajectoires futures du réseau et d’anticiper ce que ces mouvements impliquent pour les salariés qui les vivent.

2. Une carte des fermetures qui reflète la diversité du réseau

En parcourant la liste complète des fermetures depuis 2018, un autre élément apparaît nettement : ces mouvements touchent toutes les régions, toutes les typologies d’emplacements et toutes les tailles d’équipes. On y trouve des restaurants situés en plein cœur des grandes villes, des kiosques implantés dans des centres commerciaux, des sites de périphérie fréquentés par une clientèle régulière, mais aussi des points de vente plus modestes ou plus spécialisés, comme certains Fournil de Pierre.

Cette diversité montre que les fermetures ne suivent pas un seul modèle. Il n’y a pas “un type” de restaurant particulièrement exposé, mais plutôt une combinaison de facteurs locaux propres à chaque situation. Un bail devenu trop coûteux dans un quartier très demandé, des travaux imposés par un centre commercial, une fréquentation qui s’érode progressivement, une opportunité de cession ou de changement d’exploitant… autant d’éléments qui composent des trajectoires singulières.

Ce panorama géographique contribue à éclairer un point souvent remonté par les équipes : les disparités locales jouent un rôle déterminant dans la vie d’un établissement. Elles expliquent pourquoi deux restaurants séparés seulement de quelques kilomètres peuvent connaître des destinées différentes. Elles rappellent aussi que le réseau Brioche Dorée n’est pas homogène dans sa réalité quotidienne : il s’agit d’un ensemble vivant, influencé par des environnements urbains, commerciaux et économiques parfois très contrastés.

Ce constat, loin d’opposer les sites entre eux, souligne simplement que chaque fermeture est l’aboutissement d’un contexte particulier, mais qu’ensemble, ces situations dessinent une carte qui reflète la richesse et la complexité du réseau. Comprendre cette diversité, c’est aussi mieux saisir la manière dont l’entreprise ajuste son périmètre, redéfinit ses implantations et anticipe les évolutions du marché dans les années à venir.

3. Un impact humain à ne jamais sous-estimer

Derrière chaque fermeture, il y a d’abord des personnes. Des équipes qui avaient trouvé leurs repères, une organisation parfois stabilisée depuis plusieurs années, des habitudes partagées avec les clients, et souvent un sentiment d’appartenance très fort à leur restaurant. Lorsque les portes se ferment, ce n’est pas seulement une adresse qui disparaît, mais tout un équilibre professionnel et personnel qui bascule.

Ce que rappelle la lecture du tableau, c’est que ces fermetures se produisent parfois très rapidement, sans laisser beaucoup de temps aux salariés pour anticiper ce qui va suivre. Certains découvrent une cession de fonds de commerce, d’autres apprennent la fin d’un bail ou la fermeture décidée par le centre commercial. Parfois, une équipe est transférée ; parfois, elle doit repartir de zéro. Chaque situation a ses nuances, mais toutes bouleversent des parcours individuels.

Les équipes concernées évoquent souvent les mêmes sentiments : l’inquiétude liée à l’avenir professionnel, la difficulté de se projeter quand le site se vide progressivement, ou encore la complexité de réorganiser sa vie quand un nouveau lieu de travail implique plus de trajet ou d’adaptation. Ces expériences ne sont jamais anodines, et elles ne se résument pas à un simple mouvement d’effectifs d’un tableau à un autre.

Les expertises présentées au CSE ont d’ailleurs mis en lumière la fragilité qui accompagne ces périodes de transition. Elles rappellent combien l’accompagnement, la formation, l’information claire et la reconnaissance sont essentiels pour maintenir la continuité sociale d’un réseau. Une fermeture, même anticipée, impose des ajustements. Une fermeture mal accompagnée laisse des traces durables.

Lorsque l’on observe huit années de fermetures successives, ce n’est pas l’événement isolé qui interpelle, mais sa répétition. Pour les salariés, cette succession de mouvements crée une forme d’incertitude diffuse : chacun sait que son restaurant peut, lui aussi, être concerné un jour, sans toujours comprendre selon quels critères. Restaurer de la prévisibilité, apporter du sens et garantir un accompagnement réel lors de ces transitions, ce n’est pas un confort : c’est un besoin humain fondamental.

C’est pour cette raison que suivre, documenter et analyser ces fermetures n’a rien d’un simple exercice statistique. C’est une manière de rendre visible l’impact humain de ces décisions et de rappeler que, derrière chaque ligne du tableau, il y a une équipe, un quotidien et des trajectoires professionnelles qui méritent attention et respect.

4. Ce que révèle la tendance sur l’évolution du réseau

Lorsque l’on prend un peu de recul et que l’on observe l’évolution du réseau sur huit années, une réalité apparaît nettement : les fermetures ne sont pas des événements isolés, mais la marque d’une transformation plus profonde. Elles traduisent des ajustements économiques, immobiliers ou stratégiques qui, mis bout à bout, dessinent un mouvement de fond.

L’année 2020, avec ses dix fermetures, reste une rupture particulière, marquée par un contexte sanitaire inédit. Mais au-delà de cette année exceptionnelle, la courbe montre une régularité frappante : chaque année, entre trois et cinq restaurants cessent leur activité. Ce rythme constant indique que les fermetures font désormais partie de la mécanique du réseau, qu’elles répondent à des logiques identifiées mais rarement expliquées publiquement.

Ce tableau, mis à jour avec les données disponibles, montre aussi la diversité des implantations concernées : des centres-villes, des galeries commerciales, des restaurants à forte visibilité, des points de vente plus modestes. Il n’y a pas un profil unique : ce sont des lieux très différents qui ferment, ce qui révèle que les causes ne se limitent ni à une zone géographique ni à un type de clientèle.

Ce que l’on constate également, c’est que ces fermetures s’inscrivent dans un contexte de réorganisation plus large, déjà documenté par les expertises indépendantes présentées au CSE. Ces expertises ne portent que sur les restaurants intégrés, mais elles mettent en lumière des tendances qui éclairent indirectement le mouvement global : pression sur les coûts, arbitrages immobiliers, recherche de rentabilité, réajustement des formats ou des concepts. Tout cela contribue à redessiner progressivement la carte du réseau.

Ce mouvement peut être compris, mais il doit aussi être accompagné. Car un réseau qui évolue sans repères clairs crée de l’inquiétude, même chez ceux qui ne sont pas directement concernés. Lorsque les salariés voient, année après année, des établissements fermer dans différentes villes, ils s’interrogent sur la direction que prend l’entreprise et sur la place qu’ils y auront demain.

C’est précisément ce que révèle cette tendance : au-delà des chiffres, les fermetures successives interrogent le sens collectif. Un réseau stable, c’est un réseau où les équipes comprennent les choix qui sont faits, où les transformations sont expliquées, et où chacun peut se projeter avec un minimum de visibilité. Documenter ces mouvements, c’est donc aussi rappeler que la cohérence humaine du réseau ne peut pas être séparée de sa stratégie économique.

Huit années de fermetures successives dessinent une réalité que les chiffres, pris isolément, ne suffisent pas à expliquer. Elles racontent un réseau en mouvement, contraint de s’adapter à des évolutions économiques, immobilières et organisationnelles qui redessinent progressivement son périmètre. Ces transformations ne sont ni spectaculaires ni exceptionnelles ; elles s’inscrivent dans une continuité qui mérite d’être observée avec attention.

Ce panorama montre surtout que les fermetures ne sont jamais neutres. Elles déplacent des équipes, modifient des trajectoires professionnelles et interrogent le sens collectif. Même lorsque les décisions sont compréhensibles, leur répétition crée une forme d’incertitude diffuse qui traverse l’ensemble du réseau, bien au-delà des seuls établissements concernés.

Dans un contexte où Brioche Dorée poursuit sa transformation, disposer d’une vision claire de ces évolutions devient essentiel. Non pour juger, mais pour comprendre. Non pour alarmer, mais pour éclairer. Car un réseau qui change durablement ne peut préserver sa cohésion que s’il permet à celles et ceux qui le font vivre de se repérer, de se projeter et de traverser ces transitions avec des repères solides.

Observer ces fermetures sur la durée, c’est finalement rappeler une évidence : l’avenir du réseau ne se joue pas uniquement dans les choix économiques, mais aussi dans la manière dont les transformations sont comprises, expliquées et vécues par les équipes. C’est à cette condition que la stabilité humaine peut accompagner l’évolution du modèle, sans fragiliser ce qui fait la force collective de Brioche Dorée.

Nombre de fermetures de restaurants UES Brioche Dorée (2018-2026)

AnnéeNombre de restaurants fermés
20261
20254
20245
20234
20224
20213
202010
20198
20188
TOTAL47

CFDT UES Brioche Dorée

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